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nove
2014

Paris-Soupçons de viol au 36 quai des Orfèvres : "C’est une partouzeuse, dépêche  !"

Source : AURÉLIE SARROT/Metronews

FAIT DIVERS – Les trois policiers du 36 quai des Orfèvres soupçonnés d’avoir participé au viol d’une Canadienne de 34 ans en avril dernier dans les locaux de la police judiciaire auraient effacé le contenu de leur téléphone au lendemain des faits. Des messages très dérangeants auraient notamment disparu.

En juin dernier, on apprenait que l’ADN avait parlé dans l’affaire du viol présumé au 36 quai des Orfèvres, mettant en cause deux policiers de l’Antigang. Cinq mois plus tard, Europe 1 révèle ce jeudi que la molécule n’est pas la seule à avoir apporté des éléments à l’enquête sur les soupçons de viol d’une Canadienne âgée de 34 ans le 23 avril peu après minuit dans l’enceinte du mythique siège de la police judiciaire.

Ainsi, selon nos confrères, les trois fonctionnaires pointés du doigt dans ce dossier auraient effacé quelques heures après les faits des SMS, une photo et des vidéos effectués dans la nuit du 22 au 23 avril. Certaines missives seraient d’ailleurs très explicites.

"Des photos effacées car "trop floues"

Le soir du 22 avril, la Canadienne prénommée Emily avait rencontré une dizaine de policiers dans l’enceinte du Galway, pub situé quai des Grands Augustins en face des locaux de la police judiciaire. Après avoir sympathisé, elle avait répondu à l’invitation de l’un d’entre eux, qui lui avait proposé une visite privée du 36. Une fois sur place avec la touriste, le fonctionnaire aurait envoyé un SMS à un de ses collègues lui disant : "C’est une partouzeuse, dépêche  !". Le second policier serait arrivé quelques minutes plus tard et aurait alors tourné une vidéo. Le message - comme la vidéo - se seraient ensuite mystérieusement évaporés des deux téléphones. Pour justifier de la disparition de la vidéo, son auteur aurait évoqué une possible erreur de manipulation.

Le troisième policier ne serait pas blanc comme neige non plus. Lui aussi aurait fait disparaître une vidéo et une photo prise au Galway. Selon lui, celles-ci étaient "trop floues" pour être conservées. Des textos, envoyés un peu plus tard, auraient eux aussi disparus du mobile. Pourquoi ? Du fait d’un dysfonctionnement de son téléphone selon le fonctionnaire.

Une confrontation attendue

Joints par metronews ce jeudi après les révélations d’Europe 1, ni Me Anne-Laure Compoint, qui défend deux des policiers, ni Me Sébastien Schapira, qui conseille le troisième, n’ont rappelé la rédaction. Me Howard Rubel, qui défend Emily, n’avait pas encore répondu à nos sollicitations à seize heures, du fait notamment du décalage horaire. Le parquet de Paris, lui aussi contacté, n’a fait aucun commentaire à ce stade sur ces éléments.

Selon nos informations, une confrontation devrait avoir lieu prochainement entre la Canadienne et les fonctionnaires, dont deux mis en examen pour "viol en réunion", le troisième étant placé sous le statut de témoin assisté. Dans une interview exclusive au journal canadien The Star publiée le 3 juillet dernier, Emily avait refusé de revenir en détail sur cet événement qu’elle avait décrit comme "la pire nuit de sa vie". Suivi par un psychologue, la trentenaire a indiqué que depuis les faits, elle "luttait contre des émotions incontrôlables" et qu’elle avait souvent des "crises de larmes sans savoir pourquoi".



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