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14
avri
2015

Pour vos problèmes d’insomnie : Il existe l’appareil à dormir

Une femme sur cinq et un homme sur sept souffrent d’insomnie, selon une enquête en France.

Mauvaise nouvelle pour les insomniaques : dormir moins de six heures par nuit augmente le risque d’obésité de 34 % pour une femme et de 50 % pour un homme. C’est l’un des résultats de l’étude annuelle de l’Institut national du sommeil et de la vigilance (INSV) avec le soutien de la MGEN, réalisée à l’occasion de la 15e Journée du sommeil du 27 mars.

Cette année, l’INSV a eu la bonne idée de s’associer avec la formidable étude française NutriNet Santé, qui, depuis cinq ans, recueille régulièrement des informations sur la vie des milliers de volontaires (les nutrinautes) pour mieux comprendre les liens entre la nutrition et la santé. L’objectif est d’atteindre 500.000 citoyens.

« Il y a déjà 158.255 personnes incluses dans l’étude NutriNet et 49 086 nutrinautes ont participé à l’enquête Sommeil et nutrition », explique le Pr Serge Hercberg, qui coordonne NutriNet. On note une majorité de femmes (37.846) mais toutes les tranches d’âges, à partir de 18 ans, sont représentées.

Les 35-54 ans sont 22 % à rencontrer des problèmes d’insomnie, alors qu’ils ne sont que 16 % avant 35 ans et après 64 ans. Les insomniaques sont aussi plus nombreux chez les femmes que chez les hommes : 22 % contre 14 %. Mais ce sont les hommes qui parviennent plus souvent à faire la sieste que les femmes.

La sieste est pourtant vivement recommandée. Récemment, le chercheur en neurosciences Brice Faraut (Hôtel-Dieu, Paris) a montré qu’une sieste de 30 minutes suffisait à contrebalancer le « stress neuroendocrinien » généré par le manque de sommeil. L’hypersomnolence (assoupissement facile dans la journée) n’épargne aucun des deux sexes, mais cette fois ce sont les moins de 35 ans qui s’en plaignent le plus : un sur trois, contre un sur cinq après 65 ans.

Dans l’enquête, le temps de sommeil moyen par nuit en semaine est estimé à 6 h 48. Insuffisant. De plus, une part très importante de la population manque nettement de sommeil. « Plus de 30 % dorment moins de six heures et la proportion atteint même 50 % pour ceux qui travaillent », détaille le Pr Damien Léger, président de l’INSV.

Les horaires de travail,principal perturbateur Les horaires de travail sont d’ailleurs cités comme le principal perturbateur du sommeil. Juste devant le bruit, qu’il provienne des transports, des voisins, voire de celui du téléphone ou d’Internet pendant la nuit. Les lumières venant de l’extérieur sont aussi souvent mentionnées, ainsi que le stress au travail. « L’enquête INSV/MGEN met en évidence une forte relation entre le sommeil et l’obésité », explique le Pr Hercberg. « Ainsi, renchérit le Pr Léger, les femmes obèses ont une augmentation de 43 % du risque d’être insomniaque par rapport aux autres femmes. » Il n’y a pas de différence statistiquement significative pour les hommes.

Si l’on considère le temps total de sommeil, l’obésité s’avère plus fréquente chez les petits dormeurs (moins de six heures par nuit) que chez ceux qui dorment au moins huit heures par nuit. Un phénomène observé dans les deux sexes. « Ce n’est pas seulement une question de comportement, c’est aussi un mécanisme biologique qui fait que le manque de sommeil entraîne la prise de poids », insiste le Pr Léger. Le manque de sommeil a un profond retentissement sur l’équilibre de l’organisme et la sécrétion normale des hormones qui servent à la régulation pondérale. Par exemple, la leptine, hormone de la satiété. « Elle est sécrétée pendant la nuit, explique le Dr Joëlle Adrien, présidente du conseil scientifique de l’INSV, d’où une diminution de la faim et une augmentation de l’impression d’être rassasié si on dort assez. » Et une augmentation de la faim, si on manque de sommeil.

Faire appel à des objets high-tech et applications nous guident vers le sommeil en rythmant notre respiration.

L’espoir suscité par le « Dodow », un petit appareil promettant de conduire au royaume de Morphée en 8 minutes en guidant la respiration, est réel. Créé par quatre Français, cet appareil, vendu 49 euros en ligne depuis octobre, se présente comme un petit boîtier tout simple, percé de trois diodes. Le principe : posé à côté du lit, il diffuse une lumière bleue qui s’intensifie et s’atténue régulièrement, et de façon imperceptible, de plus en plus lentement. En calant ses inspirations sur la lumière quand elle s’étend au plafond, et ses expirations sur la décrue, on ralentit ainsi progressivement son rythme de 11 respirations par minute à 6. Au bout de 8 minutes de cet exercice, l’appareil s’éteint tout seul, et l’usager est censé suivre l’exemple rapidement, s’il n’est déjà assoupi.

Un métronome

« C’est comme un métronome qui vous coache pour des exercices de respiration très simples, explique Pierre-Luc Deniel, cofondateur de Dodow. Le projet est inspiré du concept de la cohérence cardiaque, qui permet de ralentir indirectement le rythme cardiaque grâce à la respiration. La notice accompagnant Dodow, ludique et claire, conseille de réaliser l’exercice sur le dos, en se concentrant sur sa respiration ventrale - ce qui aurait entre autres effets d’éviter aux pensées de trop vagabonder.

Enthousiaste à l’idée de m’endormir, pour une fois, rapidement, je me lance, mon Dodow sur la table de nuit. La notice explique que la première tentative peut-être décevante, mais en bonne élève, je m’applique à inspirer et expirer en rythme avec la lumière bleutée, les mains sur le ventre. Mon compagnon accueille la démarche avec curiosité mais trouve la lumière trop forte ( l’expérience prouvera qu’elle ne l’a pas empêché de s’endormir dans la minute, sans même se prêter au jeu.). Je trouve un peu étrange de regarder le plafond les yeux grand ouverts alors même que le sommeil me vient ordinairement les paupières closes. Mais la notice ne dit-elle pas : « Plus vous lutterez pour rester éveillé, plus vous vous endormirez vite par la suite, selon le phénomène d’intention paradoxale » ?

J’ai réitéré l’expérience la nuit suivante. À chaque fois, j’ai eu très envie de fermer les yeux avant la fin de l’exercice. Je ne me suis pas endormie pendant la séance, mais vraisemblablement peu de temps après. Mais pour être honnête, j’étais fatiguée et pour une fois, je n’aurais probablement pas mis très longtemps à trouver le sommeil, Dodow ou pas Dodow.

Concurrents

Le Dr Marcel Garrigou-Grandchamp, médecin généraliste à Lyon, a déjà recommandé Dodow à une poignée de patients ayant du mal à s’endormir. « Ils sont souvent demandeurs d’hypnotiques. L’enjeu est d’éviter de leur en prescrire pour qu’ils ne deviennent pas dépendants. Cet appareil m’a paru être une alternative intéressante et j’ai eu de bons retours », explique le praticien. « Avant, je leur conseillais de se concentrer sur une image agréable, mais il est plus difficile de maintenir sa concentration ainsi », ajoute-t-il.

Le petit boîtier français n’est pas le seul sur le créneau de la cohérence cardiaque comme aide à l’endormissement. Les applications Respirelax des Thermes Allevard (gratuite), ou Cohérence cardiaque (1,19 euro) proposent également des tutoriels de respiration, mais elles nécessitent de regarder l’écran du smartphone pour suivre les mouvements d’une goutte.

« Les exercices respiratoires peuvent convenir aux personnes ayant des difficultés à s’endormir parce qu’elles sont anxieuses, qu’elles ont du mal à décrocher, explique le Dr Sylvie Royan-Parola, présidente du réseau Morphée. Cela représente 30 à 40% des insomniaques ». Il existe des techniques de relaxation validées, comme le training autogène de Schultz, ou la méthode de Jacobson, qui peuvent être enseignées par des sophrologues ou relaxologues, rappelle-t-elle.

Mais l’utilisation de la lumière pour guider la respiration laisse cette spécialiste des troubles du sommeil sceptique. « C’est tout le contraire de ce que l’on recommande : pour dormir, il faut une chambre la plus noire possible », affirme-t-elle. Même remarque de la part du Dr Damien Léger, président de l’Institut national du sommeil et de la vigilance, qui conseille plutôt des bandes son de relaxation imitant le bruit de l’eau ou des vagues.

Source le Figaro



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