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4
juil
2016

Pourquoi nous ne voyons pas tous les mêmes couleurs

Nous percevons les couleurs grâce à trois types de photorécepteurs dans notre rétine. Mais leurs densités relatives varient d’un individu à l’autre.

En tant que telles, les couleurs n’existent pas. Il ne s’agit ni plus ni moins que de lumières absorbées et réfléchies par des objets, avec des longueurs d’ondes différentes. Ce sont nos yeux et notre cerveau qui « fabriquent » les couleurs, d’où d’inévitables variations de perceptions d’une personne à l’autre…

La « construction » des couleurs s’appuie sur une catégorie particulière de photorécepteurs, cellules qui tapissent la rétine : les cônes , baptisés ainsi en raison de leur forme, absorbent la lumière par le biais de trois types de pigments visuels. Ainsi, certains cônes réagissent aux courtes longueurs d’ondes, vers le bleu (cônes S, ou short), d’autres aux ondes moyennes, autour du vert (cônes M, medium), et d’autres encore aux grandes longueurs d’ondes, vers le rouge (cônes L, long). Lorsqu’une radiation lumineuse les atteint, il s’ensuit une cascade de réactions qui aboutit à la création de signaux électriques, acheminés vers le cortex par des cellules nerveuses.

Étonnamment, la densité des cônes verts par rapport aux rouges peut se révéler très différente d’un individu à l’autre : le rapport varie de 0,1 à 16. Par ailleurs, la perception de chacun dépend du contexte puisque les neurones de la rétine traitent le signal pour augmenter les contrastes colorés au bord des objets, entre le vert et le rouge et entre le bleu et le jaune (combinaison du rouge et du vert). Et alors que nos yeux sont à même de distinguer quelque 15 000 nuances de couleurs, il nous est néanmoins impossible de déterminer la nuance exacte de l’une d’elles au sein d’un tableau. En théorie, notre vision trichromatique rend perceptible tout le spectre de la lumière visible, depuis le violet jusqu’au rouge, c’est-à-dire entre 390 et 780 nanomètres.

L’âge, l’expérience et la lumière

Mais selon les individus, ce spectre peut être plus ou moins large, comprendre plus de violet et moins de rouge, ou inversement. De plus, en fonction de l’âge ou encore de l’état de santé, nos yeux filtrent plus ou moins la lumière. Ceci explique peut-être en partie l’affaire de la robe bleue-noire-blanche-or, qui a déchaîné les passions cet hiver sur internet : avec l’âge, on serait par exemple moins sensible à la lumière bleue. Il faut néanmoins tenir compte d’un autre paramètre : la couleur d’un objet dépend non seulement de celui qui l’observe, mais aussi de l’intensité de la lumière qui l’éclaire.

Dès lors que cette lumière est plus ou moins forte, la couleur devient inévitablement différente. C’est pour cette raison qu’en photographie il est nécessaire de procéder à un ré équilibrage pour tenir compte des conditions d’éclairage : c’est ce que l’on appelle la balance des blancs. Or, nos yeux peuvent eux aussi s’adapter aux conditions de lumière ambiante, ce que l’on perçoit très bien quand on passe d’une pièce sombre à une autre très éclairée. Ainsi, face à l’image de la robe photographiée avec beaucoup de lumière, certains la voient dans ses couleurs réelles, bleu et noir. Pendant que d’autres, eux, optent pour le cliché surexposé, avec une robe blanc et or.

Le phénomène pourrait dépendre de notre expérience : selon que l’on a vu ou non des robes de même texture parle passé, notre cerveau peut trancher en faveur d’une couleur plutôt qu’une autre. Cet argument laisse cependant les chercheurs perplexes.

Source : Le Figaro Santé



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