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17
févr
2015

Poutine et l’autisme : un diagnostic peu vraisemblable

Les spécialistes de l’autisme sont formels : il est impossible de diagnostiquer, à partir de simples vidéos et sans examen clinique, le syndrome d’Asperger, contrairement à ce que prétendent des experts militaires américains au sujet du président russe.

Vladimir Poutine pourrait-il être atteint du syndrome d’Asperger, une forme d’autisme ? Un rapport des experts militaires du Pentagone l’affirme : en se basant sur son comportement physique sur des vidéos, ils concluent que le développement neurologique du président russe a été perturbé dans son enfance, donnant l’impression d’un déséquilibre physique et d’un homme mal à l’aise dans les relations avec les autres.

Mais peut-on vraiment poser un diagnostic à partir d’images vidéo ? « C’est évidemment impossible, le diagnostic nécessite un examen clinique par des spécialistes. On ne réalise pas un diagnostic à partir de simples photos ou vidéos. Cela est contraire à l’éthique médicale », répond le Pr Marion Leboyer, psychiatre responsable du centre expert dédié au syndrome d’Asperger de l’adulte à l’hôpital Henri-Mondor (Créteil) et directrice de la Fondation Fondamental.

Le syndrome d’Asperger fait partie des troubles du spectre de l’autisme. « C’est une pathologie sous-diagnostiquée alors que c’est une source de handicap et de souffrance considérable », souligne le Pr Marion Leboyer. En France, comme souvent nous n’avons pas de données épidémiologiques ; mais aux États-Unis, l’autisme toucherait aujourd’hui 1 enfant sur 67 !

« Les personnes concernées n’ont pas de problème d’intelligence mais de communication sociale », explique Elaine Hardiman-Taveau, présidente de l’association Asperger Aides. Ces patients ne comprennent ni l’implicite, ni l’abstrait. Pour eux le second degré n’existe pas, tout est pris au pied de la lettre. Résultat : ils n’ont pas les codes pour la vie en société et peuvent en souffrir. « Si vous téléphonez à un enfant atteint du syndrome d’Asperger et lui demandez si sa mère est là, il ne comprend pas que vous voulez lui parler. Si elle n’est pas dans son champ de vision, il vous répondra non et raccrochera », raconte Elaine Hardiman-Taveau.

Pour l’enfant Asperger, l’apprentissage des conventions sociales n’est pas intuitif et celles-ci doivent faire l’objet d’un apprentissage explicite. La présidente de l’association précise également que ce sont des enfants particulièrement résistants aux changements, très routiniers et qu’ils ont besoin de règles stables. « Récemment, un jeune s’est mis en colère dans son lycée car on ne faisait pas l’appel alors que jusqu’à présent c’était le cas », illustre Elaine Hardiman-Taveau.

Et si Poutine était vraiment atteint du syndrome d’Asperger ?

Nos dirigeants n’auraient-ils pas besoin de spécialistes pour apprendre à lui parler ? La présidente de l’association Asperger Aides s’est prêtée au jeu pour Le Figaro. « Je conseillerais au président François Hollande d’être extrêmement clair. Ce qui est rarement le cas en politique, royaume des sous-entendus. Imaginons que M. Poutine soit un Asperger, vous ne pouvez pas lui parler de concessions. Le discours c’est de dire “ça, c’est oui et ça, c’est non”. » Ne plus tergiverser et devenir aussi ferme que lui, en quelque sorte. Mais nous sommes ici dans la fiction…

Vladimir Poutine souffrirait d’une forme d’autisme

Le président russe souffre du syndrome d’Asperger, qui le contraint à un « contrôle maximum » de lui-même, selon un rapport interne du Pentagone publié cette semaine dans la presse américaine.

Ce sont les conclusions d’experts militaires du Pentagone : Vladimir Poutine est atteint par le syndrome d’Asperger. Cette forme d’autisme l’obligerait à exercer un « contrôle maximum » de lui-même, notamment lorsqu’il traverse une crise précise encore le rapport du ministère américain de la Défense publié en 2008 et dévoilé cette semaine par le quotidien américain USA Today. Ce travail est le fruit d’un think-tank interne au Pentagone, l’Office of Net Assessment. À travers des vidéos, les auteurs ont étudié les expressions et les mimiques du dirigeant russe. Ils en ont conclu que le développement neurologique de Poutine avait été perturbé durant son enfance. La maladie se traduit aujourd’hui par l’impression d’un déséquilibre physique et des difficultés dans ses relations avec les autres.

2008 Putin Study

« Ce sérieux problème de comportement a été identifié par les neurologues comme le syndrome d’Asperger, une forme d’autisme qui affecte toutes ses décisions », affirme Brenda Connors, de l’École de guerre de la Marine, dans ce rapport. Elle a également étudié le langage corporel d’autres dirigeants mondiaux. « Pendant les crises, pour se stabiliser et équilibrer ses perceptions, il doit s’imposer un contrôle maximum », explique-t-elle. Le regard toujours fixe de Poutine serait la marque d’un défaut neurologique et d’une incapacité à faire face aux signaux extérieurs. Poutine affiche une « hypersensibilité » et « une forte dépendance au combat, aux réactions froides ou donnant l’impression de fuir » au lieu d’un comportement social plus nuancé.

« Vous n’établissez pas un diagnostic à partir de vidéos » Stephen Porges, psychologue à l’université de Caroline du Nord.

La Maison Blanche s’est refusée à tout commentaire. Et, aujourd’hui, même le Pentagone minimise l’affaire. « L’Office of Net Assessment n’a jamais transmis ce rapport au secrétaire à la Défense, et il n’y a pas eu de demandes de responsables au département de la Défense pour l’examiner », affirme à l’AFP une porte-parole du Pentagone, Valerie Henderson. Interrogé par le Guardian, le docteur Stephen Porges, un des spécialistes contactés dans le cadre du rapport, tempère les conclusions de Brenda Connors. Il explique même n’avoir jamais eu dans les mains le document. « Vous n’établissez pas un diagnostic uniquement à partir de vidéos », explique ce psychologue de l’université de Caroline du Nord. D’ailleurs, le rapport est clair sur ce point : le seul moyen de confirmer cette hypothèse est de pratiquer un scanner du cerveau.

À croire Stephen Porges, l’intention du rapport qui était de comprendre la psychologie du dirigeant russe afin de mieux pouvoir négocier avec lui. À ce titre, le rapport recommandait de rencontrer Poutine en face-à-face et de préférence au calme. Mais la fuite de l’étude risque de compliquer un peu plus les relations entre Russes et Américains. Or celles-ci sont déjà très tendues en raison de la crise ukrainienne, débutée il y a un an.

Source : Le Figaro



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