L'article

12
octo
2015

Présidentielles Américaines : comment le candidat Trump a construit son empire

Détesté dans son camp, le milliardaire américain est aujourd’hui le trouble-fête de la primaire à l’investiture républicaine. Sa force ? Une puissance financière sans limite qui lui permettrait de financer à lui seul plusieurs campagnes présidentielles.

La scène représente à elle seule toute l’image d’un homme sensiblement différent des autres. Le 16 juin dernier, lors de l’annonce de sa candidature à la fonction suprême de président des États-Unis, le néo-candidat Donald Trump s’est retrouvé face à une situation inédite : aucun fief électoral et aucun bilan d’élu à son actif. Pour lancer sa conquête du pouvoir, le milliardaire américain a donc choisi, en toute sobriété, de réunir la presse et son équipe de campagne au sein de la Trump Tower. La quoi ? Oui, la Trump Tower, symbole de l’empire du magnat, construite en 1983 et présentant des chiffres imposants : 58 étages, 202 mètres de hauteur avec en son coeur, une cascade artificielle géante s’étendant sur cinq étages. Tout un symbole, sur la cinquième avenue new-yorkaise, la plus célèbre de Manhatan.

Une fortune estimée à 4 milliards de dollars

D’entrée de jeu, Donald Trump a affirmé vouloir rendre à l’Amérique sa fierté, fustigeant une classe politique « corrompue », « stupide » et « controlée par les lobbies et les intérêts spéciaux ». Son objectif affiché est clair : « Le rêve américain est mort. Mais si je suis élu, il reviendra plus fort et meilleur qu’avant ». Né en 1946 à New York, Trump tient enfin son objectif. « Donald Trump ne peut pas surfer sur le côté self-made-man, mais les Américains restent aujourd’hui impressionnés par ce côté génie des affaires, explique la politologue Marie-Cécile Naves. Même si il a échoué plusieurs fois, il a toujours su rebondir et c’est ce qui est bien vu aux États-Unis.

Là, il a réussi a tranché avec le sérieux des autres candidats tout en posant une confusion des genres dans la campagne en mêlant le showman télévisé et le personnage politique ». Il est écouté, aimé par une certaine frange de l’Amérique déçue, et surtout sublimé par une fortune sans limite. Car là est la force du candidat Donald Trump. L’homme est riche, très riche. Aux dernières estimations, le magazine Forbes estimait la fortune du conservateur à 4 milliards de dollars, soit environ 3,6 milliards d’euros. Lui, l’estime entre « huit et dix milliards de dollars ». Une hauteur financière qui lui permet de s’avancer comme le candidat le plus riche des États-Unis.

515 fonctions, 168 sources de revenus, 23 biens immobiliers

Il y a quelques semaines, Donald Trump a publié sa déclaration de biens, actifs et dettes dans un formulaire envoyé à la commision fédérale électorale. Selon le document, le milliadaire a gagné, hors revenu du capital, loyers et royalties, la somme de 362 millions de dollars en 2014 dont 27 millions tirés de la vente d’actions. Il a également affirmé tirer sa richesse de 515 fonctions et 168 sources de revenus différentes. Le tout s’ajoutant à la propriété de 23 biens immobiliers, chacun estimé à environ 50 millions de dollars.

Des chiffres qui font tourner la tête et un succès en affaires qui s’est imposé comme son principal argument électoral. Une trajectoire créditée de près de 20% des intentions de vote en moyenne, soit près de 7 points d’avance sur le deuxième, Scott Walker, avant le débat de cette nuit. Donald Trump a construit la quasi-intégralité de sa fortune dans le secteur immobilier où il met un premier pied avec son père, gérant d’une société de promotion immobilière. Il met en place progressivement son propre business en investissant massivement dans le logement locatif dans le quartier new-yorkais de Manhattan.

De ce fait, le magnat du secteur a construit de nombreux bâtiments prestigieux qui portent pour la plupart son nom : la Trump Tower donc, mais aussi le « Trump Taj Mahal », un casino de 130 mètres de haut à Atlantic City, dans le New Jersey. Donald Trump possède à ce jour trois casinos, qui ont déjà fait faillite quatre fois depuis les années 90.

« J’ai utilisé les lois de ce pays, j’emploie des milliers de personne et je crée de la richesse »

Amoureux de catch, Trump a également injecté énormément de fonds dans le domaine du divertissement. Depuis 1996, l’homme est tout simplement propriétaire de l’organisation du concours de beauté « Miss Univers ». Problème, ces derniers propos sur les immigrés mexicains composés, selon lui, en majorité de « violeurs » et de « criminels », ont provoqué la polémique au Mexique et en Colombie notamment. La chaîne NBC a déjà annoncé sa volonté de ne plus diffuser le programme. Le milliardaire est également producteur et animateur de The Celebrity Apprentice, une émission de téléréalité diffusée sur NBC depuis 2004, et qui débarquera à la rentrée sur M6. Le but ? Mettre en scène des Américains cohabitant dans la Trump World Tower et juger de leur bonne, ou mauvaise, gestion. Une activité qui lui rapporte près de 15 millions de dollars par épisode. Reste que l’empire Trump a sa face cachée, celle d’un château de cartes relativement fragile par endroit.

« Ce pays a une dette immense, il faut un homme comme moi pour régler ça »

Donald Trump a perdu plusieurs paris par mégalomanie. En trente ans, le milliardaire a vu naître sa bouteille de vodka, son parfum, sa compagnie aérienne, sa marque de steaks hachés, un jeu de société, de l’eau... En 2013, il fut même condamné par la justice américaine à une amende de 40 millions de dollars (36 millions d’euros) pour avoir fondé une université sans accréditation de l’État. Entre 2005 et 2011, plus de 5000 Américains auraient été floués en dépensant 40 millions de dollars pour assister aux cours de la Trump University.

Pour se défendre, Donald Trump a expliqué lors du premier débat diffusé dans la nuit de jeudi à vendredi qu’il avait simplement « utilisé les lois américaines, notamment le chapitre 11 sur les faillites, comme de nombreux hommes d’affaires. Mais aujourd’hui j’emploie des milliers de personnes, je crée de la richesse. Ce pays a une dette immense, il faut un homme comme moi pour régler ça ». Cependant, dernière sortie en date sur la chaîne CBS, Trump a avoué « tout faire pour payer le moins d’impôts possible ». Une nouvelle attaque contre un gouvernement qu’il juge détestable dans « la façon de gaspiller notre argent ».

La guerre des mots continue.

Depuis son entrée dans la campagne, en juin, il fait course en tête. Ce jeudi 6 août, le multimilliardaire Donald Trump est descendu dans l’arène pour débattre avec ses neuf rivaux dans la course à l’investiture républicaine pour la présidentielle de 2016. Déclenchant tantôt les rires, tantôt les huées du public, "The Donald" a donné le meilleur comme le pire de lui-même. Portrait en 10 points d’un sulfureux favori.

1 Droite

Il courtise ouvertement la droite du Parti républicain : fermeté sur l’immigration, muscle sur les budgets militaires, contrôle des écoles par les parents … Et ça marche : fin juillet, selon un sondage publié par le "Washington Post" et ABC News, il était le préféré de 24% des électeurs républicains interrogés, devançant ainsi Jeb Bush, frère de "W" et gouverneur de Floride.

2 Neil Young

Pour lancer sa campagne, le 17 juin, Trump a prononcé un discours comportant 207 fois le mot "je" (record dans l’histoire politique des Etats-Unis). Puis il a passé la chanson de Neil Young "Rockin’ in the Free World". Furieux, le chanteur, qui roule pour Bernie Sanders, candidat le plus à gauche des primaires démocrates, lui a interdit de récidiver.

3 Fortune

"A ce jour, la valeur nette de M. Trump dépasse 10 milliards de dollars", claironne son équipe. Il tire sa fortune de l’immobilier (la Trump Tower à Manhattan, les terrains de golf…), de l’hôtellerie, mais aussi de la télé-réalité : son émission "The Apprentice", dans laquelle il aboie "You are fired  !" ("Vous êtes viré  !"), lui a rapporté 214 millions de dollars en 2014, soit 15 millions par épisode.

4 Mexicains

"Quand le Mexique nous envoie ses gens, il n’envoie pas les meilleurs", répète Trump à ses électeurs. Le 20 juin, il a précisé sa pensée dans un tweet à faire rougir de jalousie Jean-Marie Le Pen : Drogués, dealers, violeurs traversent la frontière du sud. Quand les USA arrêteront-ils cette farce  ?" Jeb Bush, qui a épousé une Mexicaine, s’est déclaré offensé.

5 Obama

Trump est un Tea Partier et même un birther : on appelle ainsi ceux qui émettent des doutes sur l’authenticité du certificat de naissance d’Obama et donc sur sa légitimité à occuper la Maison-Blanche (il faut être né sur le sol américain). En 2012, il avait proposé à Obama, dont le père est kényan, d’envoyer 5 millions de dollars à l’organisation humanitaire de son choix si ce dernier rendait publics tous ses documents administratifs.

6 Climat

Il pense que le réchauffement climatique est une "connerie" (bullshit en VO), un "concept inventé par les Chinois" pour nuire à l’économie américaine. Une citation formidable : On a parlé de refroidissement climatique, maintenant on parle de réchauffement. Je pense que c’est juste la météo."

7 Noirs

"J’ai une très bonne relation avec les Noirs", a-t-il déclaré en 2011. Un de ses anciens collègues, John Boswell, a rapporté dans un livre ("Trumped" !) qu’il l’a vu disserter sur la paresse naturelle des Noirs et qu’il a un jour déclaré : Des Noirs qui comptent mon argent  ? Je déteste ça. Les seules personnes que je veux voir compter mon argent sont des petits gars qui portent la kippa tous les jours." Interrogé sur ces anecdotes, Trump n’a pas démenti : elles sont "probablement vraies".

8 Femmes

Il a été marié trois fois. Il possède les concours Miss USA et Miss Universe et a trié personnellement les candidates. Lors de la campagne de 2000, il avait déclaré : "Je pense que la différence qui me sépare des autres candidats, c’est que je suis plus honnête et que mes femmes sont plus belles." Plus récemment, à propos de la candidature de Hillary Clinton, il a eu sur Twitter ce commentaire politique de haute volée : Comment peut-elle satisfaire son pays si elle ne satisfait pas son mari  ?"

9 Daech

Il propose une stratégie radicale pour asphyxier l’Etat islamique : Ecrasons leurs champs de pétrole sous les bombes." Une fois chose faite, il n’y aura plus qu’à envoyer les grandes compagnies américaines comme Exxon les reconstruire : "Elles iront si vite que votre tête en aura le tournis."

10 Cheveux

Depuis des années, ils font l’objet de plaisanteries. Lors d’un meeting en juin, il a invité une spectatrice à en vérifier l’authenticité. Sur Instagram, sous le mot-clé #TrumpYourCat, les internautes s’amusent à échanger des photos de leurs chats recoiffés façon Trump. Très narcissique, il en a fait sa marque de fabrique. Il aime aussi, à l’occasion, vanter son anatomie masculine, qu’il juge "impressionnante".

Source : Le Figaro.fr



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