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25
févr
2015

Rugby : l’Afrique du Sud impose un quota de joueurs non blancs !

En 1995, seul un joueur de l’équipe d’Afrique du Sud n’était pas blanc, l’ailier Chester Williams. Depuis cette Coupe du monde organisée et remportée par les Springboks, peu de choses ont changé. Pour promouvoir la place des joueurs noirs dans le rugby de haut niveau, la Fédération sud-africaine de rugby (SARU) a annoncé, mardi 24 février, qu’elle s’apprêtait à mettre en place une politique de quota. L’équipe nationale de la « nation arc-en-ciel » disputera ainsi la prochaine Coupe du monde en Angleterre, du 18 septembre au 31 octobre 2015, avec au moins sept joueurs « non blancs ». Sur ces sept sélectionnés, deux devront obligatoirement être noirs, les métis ayant depuis longtemps trouvé une petite place dans les sélections, à l’image de l’emblématique ailier Bryan Habana, idole des supporteurs sud-africains depuis la Coupe du monde 2007 remportée en France.

PARITÉ ESPÉRÉE D’ICI À 2019

Presque vingt ans ont passé depuis que l’ancien président Nelson Mandela, revêtu du mythique maillot vert et or, remettait la Coupe du monde au capitaine François Pienaar, devant un peuple en liesse, à l’Ellis Park de Johannesburg. Mais vingt et un ans après la chute du régime ségrégationniste d’apartheid, le sélectionneur Heyneke Meyer risque d’avoir du mal à trouver les sept hommes requis, sur les 23 présents sur la feuille de match, tant le très haut niveau reste encore majoritairement une affaire de Blancs.

Egalement membre du RC Toulon, Bryan Habana est d’ailleurs l’un des trois seuls non-Blancs à avoir sa place quasi garantie sur le terrain, avec le pilier Tendai Mtawarira, actuellement blessé, et l’autre ailier, Jon-Paul Pietersen. La décision, annoncée au Cap par le président de la SARU Jurie Leroux, est la plus spectaculaire d’un plan ambitieux, dont le but ultime est d’arriver à 50 % de « non-Blancs » pour toutes les équipes du championnat et les sélections d’ici à 2019. Pour la Fédération, l’essentiel de l’effort doit porter sur la formation et la détection dès les catégories de jeunes.

SOUS LA PRESSION DU GOUVERNEMENT « Nous savons que nous sommes uniquement jugés sur la représentation [raciale] dans l’équipe des Springboks, a admis Jurie Leroux, mais nous comprenons aussi qu’il serait injuste de mettre toute la pression sur le sélectionneur des Springboks sans lui offrir de solutions – son équipe ne peut que refléter la situation du rugby de haut niveau en Afrique du Sud. » Selon le patron de la SARU, le rugby sud-africain s’est déjà « massivement transformé » depuis vingt ans, à l’époque où il était considéré comme un jeu presque exclusivement réservé aux Blancs. « C’est maintenant un fait que la majorité des supporteurs et des joueurs de rugby, à l’école et en clubs, sont des Noirs, 84 % des moins de 18 ans dans ce pays sont noirs, et nous voulons qu’ils jouent avec nous. » Cette décision d’imposer sept non-Blancs en Coupe du monde répond aussi aux pressions du gouvernement, qui avait menacé l’an dernier de sanctionner les fédérations qui n’avancent pas assez vite dans la « transformation  ». Lors du tournoi 2014 des Quatre nations – réunissant uniquement des sélections de l’hémisphère Sud –, le sélectionneur Meyer avait par ailleurs été vivement critiqué pour avoir préféré rappeler des trentenaires blancs plutôt que de donner leur chance à des jeunes de couleur.



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