L'article

9
nove
2015

S&P lance un indice des valeurs boursières catholiques

L’agence de notation, gestionnaire de l’indice boursier S&P 500, vient de lancer un indice consacré aux seules entreprises qui respectent les valeurs chrétiennes.

Les préceptes de la foi catholique font-ils de bons guides financiers ? C’est ce que permettra de déterminer le tout nouvel indice lancé par la société de notation financière Standard & Poor’s. Son « S&P 500 Catholic Values Index » scrutera dorénavant les performances des valeurs boursières catholiques parmi les 500 grandes entreprises regroupées au sein de son indice S&P 500.

Point besoin, pour être jugé catholique, d’exercer une activité directement liée à la foi ou d’afficher une croyance officielle. Est estampillée « catho » toute entreprise qui respecte les règles d’investissement édictées par la conférence des évêques américains. Ce qui exclut, par exemple, celles qui recourent au travail des enfants ou qui soutiennent la vente et la fabrication d’armes, l’avortement, la pornographie, la contraception ou la recherche sur les cellules embryonnaires. Sont ainsi reléguées au purgatoire et exclues du champs de l’indice Pfizer ou Merck, tandis qu‘Apple, Microsoft, Exxon Mobil, Gilead ou encore Procter & Gamble figurent parmi les entreprises élues.

« Les congrégations comme les croyants sont de plus en plus soucieux d’investir dans des entreprises conformes à leurs valeurs, constate Léa Dunand Chatellet, directrice de la Gestion Actions chez Mirova, pôle d’expertise en investissement responsable de Natixis AM. Ils souhaitent ajouter un filtre supplémentaire à l’investissement socialement responsable, dont 90% des principes sont déjà en ligne avec leur doctrine. Et contrairement aux idées reçues, ces fonds sont tout aussi, voire plus performants que les fonds classiques ».

Un poids encore marginal

Plusieurs fonds d’investissement catholiques ont ainsi récemment vu le jour en France, à l’initiative de congrégations religieuses. C’est le cas du fonds Proclero, destiné à financer la formation des prêtres de la communauté Saint-Martin, ou encore du fonds « des pierres et des hommes », géré par la banque Oddo. Une évolution que la Conférence des évêques de France voit d’un bon oeil : « Nous pensons que l’Eglise devrait davantage se mêler des affaires économiques... ».

« Il y a un intérêt croissant pour la finance éthique en général et la finance chrétienne en particulier, constate aussi Pierre de Lauzun, délégué général de l’association française des marchés financiers et auteur de La finance peut-elle être au service de l’homme ? Mais cette dernière reste encore marginale. Les croyants n’ont pas l’habitude de faire le lien entre leur foi et un acte pratique comme l’investissement ».

A l’inverse de la finance islamique, qui pèse aujourd’hui plus de 2000 milliards de dollars et repose sur des prescriptions quasi-juridiques, le poids de la finance chrétienne reste ultra-minoritaire, de l’ordre de moins de 1% de l’investissement socialement responsable, qui ne pèse lui-même que 2% à 3% des encours globaux investis en France. « Les deux ne peuvent être comparés », avertit cependant Pierre de Lauzun. Tandis que la finance islamique s’est constituée en un système financier à part entière, avec ses règles juridiques propres, la finance chrétienne repose selon lui sur des critères moraux plus larges et plus difficiles à appliquer.

Source : Le Figaro



repondre Réagir à cet article    

Les commentaires (0)

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 151 visites
> Faire suivre l'info

ARTICLES SIMILAIRES


 
Administration