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5
févr
2015

Sécurité aérienne : le suivi des avions en vol instauré d’ici fin 2015

Un signal sera désormais émis chaque minute en cas d’incident, ce qui permettra de localiser précisément un appareil qui s’abîmerait en mer.

D’ici la fin de cette année, tous les avions vont être suivis en vol avec l’émission d’un signal chaque minute en cas d’incident ou de situation de détresse, permettant de localiser assez précisément un appareil qui s’abimerait en mer.

Un peu moins d’un an après la disparition du MH370, le Boeing 777 de la Malaysia Airlines, au sud de l’océan Indien, l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) a établi un plan d’actions graduelles pour détecter rapidement un vol en difficultés, qui s’inscrit dans le tout nouveau Système mondial de détresse et de sécurité aéronautique (GADSS).

Les directives de la Commission de la navigation aérienne de l’OACI ont été adoptées, a-t-on appris vendredi de source diplomatique. Elles seront présentées aux représentants des 191 Etats membres lors de la conférence sur la sécurité aérienne qui se déroulera de lundi à jeudi à Montréal.

Ces pays membres ont trois mois pour faire leurs remarques puis, trois mois plus tard, "une proposition définitive sera soumise au vote du Conseil" pour une adoption avant la fin de l’année, a indiqué une source diplomatique.

Toutes les 15 minutes en situation normale

En situation normale de vol, les compagnies aériennes vont avoir l’obligation de suivre chacun de leurs avions grâce à un signal émis toutes les 15 minutes.

En cas d’une situation anormale — comme par exemple un changement de cap non prévu au plan de vol ou un changement de couloir aérien —, ou en cas de détresse comme un décrochage important de l’appareil, une altitude ou une vitesse anormales, un signal sera envoyé toutes les minutes.

"C’est le déclenchement de rapports de position toutes les minutes en situation incidentelle qui est la partie la plus efficace à court terme", a-t-on fait valoir à l’OACI.

A la réception de ces signaux, la salle des opérations d’une compagnie aérienne devra les analyser et, en cas d’urgence, prévenir le contrôle aérien de la zone responsable du vol à ce moment précis, a expliqué une source proche du dossier. Le suivi autonome en cas de détresse fonctionnera indépendamment du système de suivi en vol, selon le GDASS.

Boites noires éjectables

Avec un signal émis toutes les minutes, un avion en perdition pourra être localisé dans un rayon de six miles nautiques, soit un peu plus de 11 kilomètres, et faciliter ainsi les secours et les recherches, selon la même source.

Après sa disparition le 8 mars 2014, l’épave du Boeing de la Malaysia n’a toujours pas été localisée, ce qui n’arrivera plus dès que les obligations de suivi seront mises en place avant la fin de cette année.

Dans le cas extrême du crash d’un appareil, l’OACI va recommander aux constructeurs aéronautiques d’équiper leurs avions d’enregistreurs de vol éjectables qui seront placés dans l’empennage de l’appareil contrairement aux boites noires existantes qui sont situées dans le cockpit.

Ces boites noires éjectables en cas de choc violent devront flotter pour être facilement récupérées par les enquêteurs après un crash en mer. Les nouveaux avions conçus devront en être obligatoirement équipés dès 2021, a-t-on indiqué.

Paramètres de vol, voix et sons à l’intérieur de la cabine de pilotage Ces enregistreurs éjectables seront une réplique des actuels FDR (Flight Data Recorder) et CVR (Cockpit Voice Recorder) qui collectent respectivement tous les paramètres de vol (vitesse, altitude, trajectoire, etc) et les voix et les sons à l’intérieur de la cabine de pilotage.

La mise au point de ce dispositif est plus délicate que pour les avions militaires déjà équipés de ce système depuis une cinquantaine d’années. Il faut en effet éviter qu’un déclenchement intervienne lors d’un atterrissage brusque ou en urgence.

Pour la sécurité en zone de conflits, après l’accident du vol MH17 de la Malaysia, abattu au-dessus de l’Est de l’Ukraine en juillet, l’OACI va gérer et mettre à disposition de ses membres et des compagnies aériennes les informations pour les survols d’espaces aériens à risque.

Source : Le Nouvel Obs



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