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28
avri
2016

Sur la piste de Néfertiti, dans une chambre secrète du tombeau de Toutankhamon

La thermographie à infrarouge a révélé des différences de températures dans un mur du tombeau de Toutankhamon. Cela pourrait signifier qu’il abrite une chambre secrète, où repose peut-être la reine Néfertiti. De Toutankhamon, elle n’était que la belle-mère. Mais la reine Néfertiti, qui exerça un rôle politique et religieux fondamental dans l’Egypte du XIVe siècle avant J.-C, est une légende. Selon l’archéologue et égyptologue britannique Nicholas Reeves, son tombeau se trouve dans un chambre secrète de celui du pharaon Toutankhamon. Il estime désormais avoir retrouvé sa trace.

Nicholas Reeves profite d’un ambitieux projet, baptisé "Scan Pyramids", rassemblant des experts égyptiens, français, canadiens et japonais, afin de percer les "secrets" des pyramides de Guizeh, près du Caire. "Scan Pyramids" doit aussi sonder la tombe de Toutankhamon, dans la Vallée des Rois à Louxor, où il aurait été inhumé parce que son véritable tombeau n’était pas encore construit. Ce pharaon est décédé à seulement 19 ans en 1324 avant J.-C., au terme d’un règne de neuf ans.

Néfertiti ou... une autre découverte majeure

"La mission a commencé sa première expérience en recourant à la thermographie à infrarouge afin de cartographier la température des murs du tombeau de Toutankhamon", a expliqué dans un communiqué Mahmoud Eldamaty, ministre des Antiquités. "Les analyses préliminaires ont montré une différence entre les températures relevées sur différentes parties du mur nord" du tombeau, a poursuivi le ministre. "Afin de confirmer ces résultats préliminaires, un certain nombre de nouvelles expériences seront menées pour déterminer de manière plus fiable la partie du mur qui fait apparaître une température différente", a-t-il conclu.

Selon Nicholas Reeves, le mur du tombeau recèle une porte cachée. Mais cette chambre secrète, si elle est découverte, pourrait cependant le décevoir. Selon Mahmoud Eldamaty, en léger désaccord avec l’archéologue britannique, elle serait le tombeau d’une autre épouse du roi Akhénaton, père de Toutankhamon. Dans tous les cas néanmoins, le ministre des Antiquités s’attend à la "découverte du XXIe siècle" concernant l’Egypte antique.

Polémique autour de Néfertiti

Une momie desséchée et à moitié éventrée, oubliée dans une petite pièce latérale de la tombe d’Aménophis II, au c ?ur de l’Egypte, serait celle de Néfertiti, la plus célèbre des reines de l’Antiquité. C’est ce que vient de proclamer Joann Fletcher, rattachée à l’université de York (Grande-Bretagne), qui travaille dans la Vallée des Rois, là où sont enterrés les pharaons les plus illustres, pour la chaîne de télévision américaine Discovery Channel. Une annonce qui met le monde des égyptologues en ébullition.

L’Anglaise, plus connue pour ses romans historiques à succès que pour ses travaux universitaires, se fonde sur des indices bien fragiles : un morceau de perruque comme en portaient les femmes nobles au Nouvel Empire, deux trous dans l’oreille pour y accrocher des boucles et un bras, arraché du corps, plié comme pour une prière. Surtout, elle prétend avoir été frappée par la ressemblance entre la tête de la momie - long cou, pommettes hautes, nez fin - et le buste de Néfertiti exposé au musée égyptien de Berlin. Cette affirmation fait bondir Zahi Hawas, le patron des Antiquités égyptiennes : « Toutes les statues de femme de cette époque - le XIVe siècle avant notre ère - présentaient ces mêmes caractéristiques. »

Marc Gabolde, maître de conférences en égyptologie à l’université Montpellier III-Paul-Valéry, qui travaille depuis longtemps sur cette période, est irrité par cette pseudo-découverte : « Voilà la deuxième fois qu’on prétend reconnaître Néfertiti dans ce lot de momies de la tombe d’Aménophis II. Découvert par le Français Victor Loret en 1898, le tombeau contenait, dans des réduits à peine aménagés, plusieurs corps desséchés. Mais ceux-ci étaient dépourvus des bandelettes et des objets funéraires qui permettent d’identifier un cadavre. »

Le mystère de la mort de Néfertiti hante les égyptologues. De cette femme d’une beauté éblouissante on ne sait quasiment rien. Fille probable d’Ay, un des conseillers d’Aménophis III, elle fut l’épouse d’Aménophis IV, mais on ignore son vrai rôle auprès de ce pharaon iconoclaste. Vers l’an 1360 avant notre ère, celui-ci décide de promouvoir une nouvelle religion, centrée autour du soleil, personnalisé par le dieu Aton. Des fresques montrant les nouveaux rituels seront peintes à Karnak, puis brisées et cachées dans les murs. Récemment retrouvées, elles montrent Néfertiti auprès du roi, presque comme son égale. Puis Aménophis prend le nom d’Akhenaton et construit une ville nouvelle au milieu du désert, sur le site d’Amarna. La « grande épouse royale », mère de six jeunes princesses, l’aurait soutenu, voire poussé.

Mais la destruction d’Amarna et le martelage des bas-reliefs ne permettent pas d’en dire davantage. De la mort de Néfertiti et du lieu de son inhumation on ignore tout. Aucune trace d’elle dans la tombe construite pour le pharaon à Amarna, aucune inscription dans les vallées de Thèbes où les momies auraient pu être rapatriées, aucun texte pour raconter le destin de cette star dont il ne reste que deux bustes taillés dans la pierre - l’un se trouve au musée du Caire, l’autre au musée égyptien de Berlin. Justement, le directeur de ce musée a autorisé deux sculpteurs hongrois à accoler ce visage sublime à un corps nu, spécialement façonné pour la Biennale de Venise. Comme si le mystère qui entoure Néfertiti autorisait toutes les extravagances.

Source : L’Express



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