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9
sept
2015

Un préservatif 2.0 imaginé par des collégiens

Conçu par trois collégiens, le S.T.EYE est un préservatif qui pourrait changer de couleur au contact d’une infection sexuellement transmissible afin d’avertir le couple, en toute intimité.

Un robinet électronique, des chaussures permettant de recharger la batterie de son téléphone ou encore des lunettes de soleil pour prévenir les crises d’épilepsie font partie des inventions présentées le 23 juin à Londres à l’occasion des TeenTech Awards 2015, un concours britannique réunissant une centaine de jeunes inventeurs âgés de 11 à 16 ans.

L’idée qui a le plus captivé le public est sans doute celle d’un préservatif nouvelle génération capable de détecter les Infections sexuellement transmissibles (IST), telles que le papillomavirus humain (HPV), la chlamydia, la syphilis ou encore le virus de l’herpès. Imaginé par trois collégiens, le préservatif S.T.EYE - une contraction de « STI » (IST en anglais) et de « eye » - changerait de couleur, afin d’avertir le couple de la présence d’une infection.

Un dépistage « plus intime »

« Nous nous sommes inspirés de la technique de dépistage du sida, le test ELISA », expliquent Daanyaal, Muaz et Chirag. Ils ont ainsi imaginé que les surfaces internes et externes du préservatif pourraient être recouvertes d’anticorps, des molécules capables de reconnaître les marqueurs spécifiques des virus ou des bactéries. Leur liaison aboutirait à une réaction colorée, différente pour chaque infection.

C’est en prenant connaissance du nombre important d’IST déclarées chaque année que l’idée a germé dans la tête des adolescents : « Nous avons vu qu’en 2013, il y a eu 450.000 diagnostics d’IST en Angleterre ». Ils ont ainsi eu envie de donner la possibilité aux gens de détecter des éventuelles IST de manière plus intime, sans passer par des « procédures médicales invasives ».

Alors que le préservatif S.T.EYE n’est encore qu’au stade de la conception, il a permis aux trois adolescents de remporter le prix de la meilleure innovation dans la catégorie « Santé », un chèque de 1.000 livres, ainsi qu’une visite à Buckingham Palace.

Points négatifs

Interrogé par la BBC, le Dr Mark Lawton de l’Association britannique pour la santé sexuelle et le HIV (BASHH) a soulevé plusieurs problèmes que pourraient engendrer un tel dispositif : « D’un point de vue technique, cette méthode nécessite des produits chimiques additionnels dont il faudra s’assurer qu’ils ne sont pas toxiques ou qu’ils ne causent pas d’irritation. De plus, je me demande si la peur de découvrir une IST ne dissuaderait pas les personnes d’utiliser un tel préservatif ».

Même s’il n’est effectivement pas certain que cette méthode soit la plus opportune pour faire la découverte d’une IST, ce type d’initiative pourrait s’inscrire dans une démarche de prévention des jeunes adultes, en rappelant que le préservatif est le meilleur moyen de se protéger de la plupart des IST (même si pour chlamydia, un contact peau à peau peut suffire). En France, les autorités sanitaires ont constaté une recrudescence des IST depuis les années 2000, avec notamment 77.000 nouveaux cas d’infections uro-génitales à chlamydia chaque année, et 10.000 à 20.000 cas de syphilis.

Un test d’auto-évaluation des risques d’être porteur de chlamydia, réalisé par l’Institut national de prévention et d’éducation pour la santé (Inpes), est disponible ici.

Source : Le Figaro Santé



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