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14
avri
2016

Vertiges au lever, un signe à ne pas négliger

Sensation de vertige, étourdissement, voile devant les yeux lorsque vous passez de la position couchée à la position debout ? C’est peut-être une hypotension orthostatique. Un trouble qui touche 7 % de la population générale et 65 % des plus de 65 ans. Cette baisse soudaine de la pression artérielle peut être liée à un dysfonctionnement du système nerveux autonome et révéler une maladie grave. Elle pourrait même être le signe d’un « sur-risque » de décès, comme le révèlent les résultats d’une étude publiée fin septembre sur le site du magazine spécialisé Neurology.

Le Pr Christopher Gibbons et ses confrères ont analysé les dossiers médicaux de 165 personnes orientées dans un centre médical, pour tester leur système nerveux autonome (qui permet la régulation automatique des fonctions corporelles), et suivies pendant dix ans.

Le taux de décès chez les personnes qui souffraient d’hypotension orthostatique atteignait 64 % contre 10 % chez celles qui n’en souffraient pas. Le nombre de morts était aussi plus élevé chez ceux diagnostiqués comme atteints d’hypotension orthostatique dite retardée (29 % de décès), pourtant considérée comme bénigne. Mais la majorité d’entre elles avait évolué vers la forme la plus grave de la maladie. De plus, près d’un tiers des patients avaient développé une maladie neurodégénérative comme la maladie de Parkinson.

Tout en reconnaissant les limites de son étude qui porte sur une population connue pour être atteinte de troubles du système nerveux autonome, le Pr Gibbons estime qu’elle milite pour le diagnostic précoce de l’hypotension orthostatique et des maladies sous-jacentes responsables de mortalité précoce. Une conclusion qui fait écho au consensus de la Société française d’hypertension artérielle publié en 2014 : il recommande la recherche systématique d’une hypotension orthostatique chez les hypertendus, les plus de 65 ans, les insuffisants rénaux ou les diabétiques. « S’il y a une mesure à faire chez le médecin, c’est celle de la pression artérielle debout, notamment chez les patients âgés. Le risque immédiat lié à une hypotension orthostatique, c’est la chute. Et toute chose égale par ailleurs, c’est aussi un marqueur de risque de morbi-mortalité », explique le Pr Jean-Jacques Mourad, interniste à l’hôpital Avicenne de Bobigny.

Nombreuses origines

L’hypotension orthostatique se définit comme une diminution de la PA (pression artérielle) systolique d’au moins 20 mm Hg et/ou de la PA diastolique d’au moins 10 mm Hg survenant dans les 3 minutes suivant le passage en position debout. De nombreuses hypotensions orthostatiques sont causées par les médicaments, antihypertenseurs et psychotropes en tête. La déshydratation, fréquente chez les plus âgés, peut également entraîner une hypotension orthostatique. Lorsqu’elle est d’origine neurologique, liée à un dysfonctionnement du système nerveux autonome, on parle de dysautomie. De nombreuses maladies telles que le diabète, la maladie de Parkinson ou une insuffisance rénale provoquent des dysautomies. « L’hypotension orthostatique peut ainsi être le premier signal d’une maladie neurodégénérative », explique Jean-Jacques Mourad. C’est pourquoi, insiste le spécialiste, la mesure de la pression artérielle debout devrait être réalisée systématiquement chez les plus âgées. D’autant qu’hypotension ne rime pas toujours avec vertiges et autres malaises : elle peut être présente sans qu’aucun symptôme ne se manifeste.

Source : Le Figaro



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