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29
déce
2015

Voici Homo Naledi, un nouveau cousin pour l’homme moderne

Cet ancien hominidé, baptisé Homo Naledi, a été découvert en Afrique du Sud. Il se livrait probablement à des rites funéraires il y a 2 millions d’années.

Ce n’est pas tous les jours que l’on se découvre un nouveau parent. L’espèce humaine dans son ensemble vient de s’enrichir aujourd’hui avec l’annonce d’une spectaculaire découverte effectuée dans les grottes de Rising Star, non loin de Johannesburg, en Afrique du Sud. Homo Naledi (naledi veut dire "étoile" en Sotho), est donc un nouveau rameau de notre espèce, qui vient d’être dévoilé en septembre dernier à l’université de Witwatersrand de Johannesbourg.

Les auteurs de cette extraordinaire découverte sont les membres de l’expédition Rising Star, équipe de géologues et paléoanthropologues qui a exploré ces cavernes depuis 2014. Les restes d’Homo Naledi ont été trouvés dans la "chambre Denaledi", une partie des grottes difficilement accessible, et qui a requis l’intervention de six chercheuses de petite stature, seules capables de se faufiler pour atteindre ce lieu.

Dans la chambre Denaledi, plus de 1.500 fragments de squelettes ont été trouvés jusqu’ici, représentant plus de 15 individus d’âges différents : enfants, jeunes adultes, et même un vieillard. Pas d’objets, ni de squelettes de gros animaux, ni même de traces d’habitat en ces lieux, ce qui a également fourni des indices précieux aux chercheurs sur leur utilisation.

Comment reconnaît-on Homo Naledi ?

Homo Naledi présente des caractéristiques anatomiques très particulières :

Des hanches primitives

Des crânes similaires à ceux des plus anciens du genre Homo et contenant un cerveau relativement petit

Des épaules bâties pour grimper dans les arbres

Des mains et des pieds plus proches des humains modernes

Une taille et un poids comparables à de petits humains modernes.

"Une anatomie remarquable d’une espèce éteinte qui ne ressemble à aucun hominidé que nous connaissions auparavant", affirment les découvreurs de ce nouveau "chaînon" de notre évolution. Pour ces chercheurs, Homo Naledi est cependant indéniablement du genre Homo, et même l’un de ses membres les plus anciens, antérieurs à Homo Habilis ou Homo Rudolfensis.

La question de la datation est cependant encore diffuse. Lors de la présentation de cette découverte, les scientifiques ont précisé que l’espèce devait dater de 2,5 à 2,8 millions d’années, "ce qui ne signifie pas que les fossiles trouvés sont aussi vieux". Mais du fait de la nature du sol, leur datation est difficile.

Le plus ancien cimetière ?

Que faisaient tous ces corps dans une grotte inaccessible est une question essentielle. Les scientifiques ont "éliminé l’idée qu’il s’agissait d’une mort massive, d’une catastrophe". Ces squelettes sont arrivés dans la caverne un à la fois, sur une durée étendue. Ils n’ont pas été amenés là par les flots, ni par de gros animaux dont ils auraient été les proies : aucun squelette de gros animal n’a été trouvé à proximité, et il semble bien que ces Homo Naledi aient été conduits là dans leur dernière demeure.

Cela nous conduit à la conclusion remarquable que nous avons juste découvert une nouvelle espèce de parents humains qui s’occupaient délibérément de leurs morts".

Jusqu’ici, on pensait en effet que le fait de disposer de ses morts était le propre de la branche Sapiens du genre Homo (les Néandertaliens et nous). Le fait que Homo Naledi ait vraisemblablement utilisé cette caverne inaccessible comme lieu du dernier repos des siens est donc en soi une découverte extraordinaire.

En accès libre

Deux études sur Homo Naledi viennent d’être publiées en ligne sur le site de la fondation eLife (visibles ici et là). Ces études ont été mises en libre accès : les chercheurs, leurs financeurs (dont National Geographic, qui va lui consacrer son numéro d’octobre) et le gouvernement Sud-Africain ont été très clairs sur le sujet : le savoir doit être publiquement et librement accessible par l’ensemble de l’humanité.

La découverte d’Homo Naledi n’est qu’un début. Comme l’expliquait John Hawks, l’un des responsables de l’équipe, "les mystères qui restent devant nous sont des problèmes scientifiques qui vont nous occuper pendant les décennies à venir". Des mystères qui touchent à l’origine de notre espèce...

Par Jean-Paul Fritz

Source : Le Nouvel Obs



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