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3
mars
2016

Voici les 5 patrons les mieux payés de France (55 millions à eux 5 en 2014)

Le PDG de Renault décroche la première place avec 15,2 millions d’euros en 2014. Mais les suivants n’ont pas vraiment à rougir.

Faut-il y voir un signe que l’économie française se porte mieux ? Après deux années de recul, la rémunération totale moyenne des patrons du CAC 40 est repartie à la hausse puisqu’elle repasse au-dessus de la barre des 4 millions d’euros pour atteindre 4,21 millions par an, soit une hausse de 6%. Selon le cabinet de conseil aux investisseurs Proxinvest qui a rendu public mercredi matin 23 septembre son nouveau rapport sur le sujet, cette augmentation s’explique par les rémunérations exceptionnelles de départ d’un certain nombre de dirigeants mais aussi par l’attribution généreuse d’actions gratuites, dites de performance.

Ces dernières représentent désormais 29,1% de la rémunération totale des présidents du CAC 40 et ont donc supplanté les plans de stocks-options (plus que 4,1% de la rémunération globale). Favorisé par la loi Macron, ce dispositif présente l’avantage pour les patrons de ne plus avoir l’épée de Damoclès du délit d’initiés pendu au-dessus de leur tête à chaque fois qu’ils exercent leurs plans d’options. Si l’on en juge par le palmarès de Proxinvest, cela ne modifie en rien la valeur des rémunérations qui continuent à étonner le commun des mortels.

Voici donc les 5 patrons les mieux payés de France en 2014 :

Carlos Ghosn, 15,2 millions d’euros

Le PDG de Renault-Nissan a empoché en 2014 15,2 millions d’euros (+56%), dont 7,2 millions payé par Renault et 8 millions par Nissan. Comme le note non sans humour Hugo Dubourg, responsable de l’étude, "Carlos Ghosn a manifestement réussi à faire oublier à ses amis japonais qu’il était déjà rémunéré en France". A titre de comparaison, le patron de Toyota, Akio Toyoda, a touché 2,7 millions par an et son homologue de Honda, Takanobu Ito, 1,16 millions d’euros. Le Japon n’a pas la culture des hautes rémunérations. Mais Carlos Ghosn a fait réaliser une étude montrant que la moyenne des rémunérations dans le secteur automobile mondial était de 27 millions de dollars…Avec ses 15,2 millions, celui qui finirait presque par passer pour un martyr, a enfin réussi à rattraper son grand concurrent européen, à savoir Martin Winterkorn, PDG de Volkswagen, qui a obtenu 15 millions d’euros. Il faut espèrer qu’il ne terminera pas dans la même tourmente. Proxinvest, juge pour sa part plutôt "maladroit" de la part de Ghosn de se faire octroyer une rémunération aussi élevée en période d’application de l’accord de compétitivité.

Christopher Viehbacher - 12,5 millions d’euros

Médaille d’argent pour l’ex-PDG de Sanofi avec 12,5 millions d’euros. Cette rémunération est essentiellement due à son indemnité de départ de 4,26 millions d’euros.

Bernard Charlès - 11,1 millions

La médaille de bronze est attribuée ay patron de Dassault Systèmes avec 11,1 millions d’euros, dont les trois-quarts sont constituées d’actions gratuites.

Eric Denoyer - 8,3 millions

Le PDG de Numericable-SFR arrive en quatrième position avec une rémunération de 8,3 millions d’euros, c’est le plus gros bénéficiaire de stock-options de l’indice SBF 120.

Jean-Paul Agon - 8,1 millions

Le patron de L’Oréal fait presque office de parent pauvre avec ses 8,1 millions d’euros. Si ces chiffres peuvent paraître énormes, il y a encore plus détonnant dans les observations de Proxinvest. D’abord les rémunérations des présidents non-exécutifs, qui avaient nettement diminué depuis 2007, remontent substantiellement (+10%). Philippe Camus, président d’Alcatel-Lucent a ainsi touché 1,36 millions d’euros en 2014. Et en 2016, Franck Riboud, retiré des affaires quotidiennes chez Danone, touchera la coquette somme de 2 millions d’euros. Pas si mal pour un pré-retraité.

Mais surtout, le cabinet de conseil estime que si Altice était cotée en France, c’est sans conteste Patrick Drahi qui aurait remporté le gros lot. Le magnat des télécoms aurait en effet affiché 17 millions d’euros au compteur. Par ailleurs, "que son groupe réussisse ou qu’il fasse faillite" Patrick Drahi pourra exercer ses options dès 2016, soit deux ans après l’attribution du plan d’options, ce qui est très court. Au cours actuel, Proxinvest a calculé qu’il réaliserait une plus-value de 200 millions d’euros !! (oui il s’agit bien d’un montant à trois chiffres). Arrêtons de chercher des poux dans la tête de ce malheureux Carlos Ghosn et autre Michel Combes (Alcatel-Lucent) ! Le capitalisme peut être encore plus sauvage.

Odile Benyahia-Kouider

Source : Le Nouvel Obs



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