17
mai
2015

vidéo-Ambassa Zang sur Diaf-tv : j’ai été informé à 2 heures du matin de la décision prise, pour me tuer

vidéo-Ambassa Zang sur Diaf-tv : j’ai été informé à 2 heures du matin  de la décision prise, pour me tuer

L’ancien ministre des travaux publics, Dieudonné Ambassa Zang, contre qui le ministère public a requis une condamnation - qui frisera probablement la condamnation à vie-, était sur le plateau de Diaf-tv pour nous donner ses impressions sur les réquisitions du Ministère public.

DAZ et NHL sur le plateau d DIAF-TV


Dans cette longue interview, divisée en deux parties, il revient essentiellement dans la première (vidéo 1), sur l’affaire Copysur et ses « supposées » implications(trahisons) dans les condamnations d’Edzoa Titus et Thierry Michel Atangana.

Dans la deuxième partie de l’interview( vidéo 2), il revient sur les chefs d’inculpations du Tribunal criminel spécial du Cameroun contre lui, et ce qu’il appelle les lacunes des vérificateurs commis pour l’audit de sa gestion des affaires au ministère des travaux public entre 2002 et 2004.

Il y répond également aux questions postées sur notre page facebook par les nombreuses personnes ayant réagi à l’annonce de sa présence sur le plateau de l’entretien de la semaine sur Diaf-tv.

Ci-après l’intégralité de l’interview.

VIDEO1 : sur le Copysur et la condamnation des Edzoa et Thierry Michel Atangana




VIDEO2 : sur les détournements de prés de 4 Milliards de fcfa


Version écrite des explications reçues de l’ex-ministre des travaux public entre Août 2002 et Octobre 2004.
Au moment de ma nomination le 24 août 2002 comme Ministre des Travaux Publics, la situation que je trouve s’agissant des appels d’offres lancés et portant sur la réhabilitation du pont sur le Wouri est la suivante : • Appel d’offres N°001/SPM/CNM/R/2001-2002 du 10 janvier 2002 relatif aux travaux de confortement des fondations du pont. En mars 2002, par communiqué N°012/SPM/CNM//R/2001-2002. Cet appel d’offres a été déclaré infructueux ; • Appel d’offres restreint par lettre N°00706/N/MINTP/DR//DR40/DR42 du 13 mars 2002 aux entreprises (1) DODIN, (2) DTP TERRASSEMENT, (3) EDOK ETER, (4) MULLER TP et (5) SATOM. Cette démarche qui ne va pas prospérer a été conduite en respect des instructions du Premier Ministre contenues dans la lettre N°B2186/CAB/PM du 12 mars 2002 prescrivant au Ministre des Travaux Publics la passation d’un marché de gré à gré ; • Appel d’offres international N°001/AOIO/MINTP/CPM/01-02 le 25 juin 2002 relatif aux travaux de réhabilitation du pont du Wouri. À peine lancé, un mois après, un additif à l’appel d’offres sera signé par mon prédécesseur en date du 25 juillet 2002. C’est à ce stade que je prends le train en marche et il sera soumis à ma signature le 16 septembre 2002, par la Direction des Routes sur proposition du Maître d’œuvre et avec l’accord de l’AFD (bailleur de fonds), un second additif à l’appel d’offres du 25 juin 2002 afin de compléter les dossiers de consultation des entreprises (DCE). Cet appel a également été déclaré infructueux, les offres financières des candidats pré-qualifiés s’étant situées largement au-dessus de « l’estimation confidentielle » correspondant aux ressources disponibles allouées par l’AFD.

De sources concordantes et crédibles, les travaux de réhabilitation du pont sur le Wouri auront finalement coûté 19 millions d’euros-contre une prévision initiale de 15 millions d’euros, coût réparti ainsi qu’il suit : AFD : 12 millions d’euros pour l’AFD et 07 millions d’euros pour le Cameroun (Budget d’investissement Public et fonds PPTE).

Un important retard dans le démarrage effectif des travaux de réhabilitation du pont sur le Wouri indépendant du Maître d’Ouvrage

Le processus ayant conduit à la passation du marché des travaux de réhabilitation du pont du Wouri a été conduit selon le chronogramme ci-après :

(i)-30 septembre 2002 : Remise des offres par les soumissionnaires suivie de l’ouverture des plis et l’analyse technique et financière par la Commission de Passation des Marchés des Travaux Neufs. La Commission de Passation des Marchés des Travaux Neufs, laquelle a entériné le travail de la Sous-Commission d’Analyse, a proposé au Maître d’Ouvrage de déclarer infructueux l’appel d’offres, toutes les propositions financières des soumissionnaires pré-qualifiés se trouvant au-dessus de l’estimation confidentielle comme suit : 33,20% pour UDECTO, 110,19% pour SATOM, 160,45% pour RAZEL et 164,22% pour BOUYGUES (Voir rapports d’analyse technique et financière). Et, se conformant à cette proposition, le 12 décembre 2002, le Ministre des Travaux Publics et Maître d’Ouvrage a signé le Communiqué N°333/C/MINTP/CAB déclarant infructueux l’appel d’offres international du 25 juin 2002 relatif aux travaux de réhabilitation du pont sur le Wouri ;

(ii)-16 janvier 2003 : Accord du Premier Ministre et Autorité des Marchés par lettre N°B2186/SG/PM adressée au Ministre des Travaux Publics par le Secrétaire Général des Services du Premier Ministre pour la passation du marché des travaux de réhabilitation du pont du Wouri de gré à gré l’entreprise UDECTO, candidat le mieux-disant. Il convient de que la Commission de Passation des Marchés des Travaux Neufs avait proposé au Maître d’Ouvrage de solliciter l’accord de l’Autorité des Marchés Publics afin de conclure un marché de gré à gré conformément à l’article 40 du Décret 95/101 du 09 juin 1995 portant réglementation des Marchés Publics (Voir rapport d’analyse financière, 31-10-02, page 14). Cette proposition a reçu la non-objection de l’AFD (Lettre n° D/277/CA/hmw du 30-12-02)..

(iii)-17 février au 06 mars 2003 : Négociations directes avec UDECTO comme prescrits par le Premier Ministre et Autorité des Marchés Publics. Toutefois, par souci de préserver la concurrence, des négociations ont aussi été menées avec le Groupement SATOM-DODIN-FREYSSINET qui avait obtenu la meilleure note technique. Afin de conduire de manière efficiente et efficace ces négociations, le Ministre des Travaux Publics et Maître d’Ouvrage a activé la clause d’assistance technique par le Ministère Français de l’Équipement prévue dans la convention de financement. Un Ingénieur Divisionnaire SETRA, Bureau d’Études du Ministère Français de l’Équipement, a alors été mis à la disposition du Ministère des Travaux Publics. À l’issue d’âpres négociations, l’offre d’UDECTO a été jugée meilleure à celle du Groupement SATOM-DODIN-FREYSSINET, sous réserve qu’elle soit confortée techniquement par la formation d’un groupement conjoint entre UDECTO et ETIC INTERNATIONAL, entreprise spécialisée dans la précontrainte et occupant la position de sous-traitant dans l’offre de base d’UDECTO. Une « Note sur la clôture de la négociation » datée du 11 mars 2003 a été remise au Maître d’Ouvrage par le Maître d’œuvre.

(iv)- 22 avril 2003 : Signature par le Maître d’Ouvrage du Marché-Programme des travaux de réhabilitation du pont du Wouri avec le Groupement conjoint formé des entreprises UDECTO et ETIC International, après avoir obtenu toutes les autorisations formelles et préalables requises, à savoir : • Non-objection de l’AFD (Lettre N° D/1030/CA/hmw du 16-04-2003) ; • Avis favorable de la Commission Spécialisée de Contrôle des Routes et Autres Infrastructures (Lettre N° 000150/L/SP-CSCM/RI du 21-04-2003) • Visa du Premier Ministre et Autorité des Marchés Publics (22-04-2003)

(v)-05 mai 2003 : Notification du Marché-Programme N°00036/M/MINTP/CPM-TN/2003 à l’adjudicataire, à savoir le Groupement Conjoint UDECTO/ETIC INTERNATIONAL. Afin de tenir compte des ressources disponibles (Prêt AFD), le Marché-Programme pour les travaux de réhabilitation du pont sur le Wouri, d’un montant hors taxes de 10.646.468.895 FCFA et toutes taxes de 13.206.039.714 FCFA, a été subdivisé en tranches : • Pour les travaux prioritaires d’un montant total HT de 7.071.474.114 FCFA : une tranche ferme « lot principal » (5.490.182.374 FCFA), une tranche ferme « lot accessoire » (1.581.291.740 FCFA) • Pour les travaux nécessaires mais moins prioritaires d’un montant total HT de 3.574.994.781 FCFA : une tranche conditionnelle N°1 (1.909.878.120 FCFA) et une tranche conditionnelle N°2 (1.665.116.661 FCFA)

Il est utile de souligner que le choix du mode d’exécution d’un marché à tranches conditionnelles était dicté par l’obligation de tenir compte des ressources disponibles du prêt de l’AFD (estimation confidentielle), soit la somme de 7.577.492.400 FCFA.

(vi)- 06 juin 2003 : Signature par le Premier Ministre, Chef du Gouvernement de l’Arrêté N°54/CAB/PM portant création du « Comité Interministériel de Pilotage des Travaux de Réhabilitation du Pont sur le Wouri », en application des dispositions d’une part de la Convention de financement entre l’AFD et la république du Cameroun et, d’autre part, de l’article 5 « Attributions du Maître de l’Ouvrage et du Conducteur d’Opérations » du Marché-Programme N°00036/M/MINTP/CPM-TN/2003 pour les travaux de réhabilitation du pont sur le Wouri. Présidé par le Secrétaire d’État au Ministère des Travaux Publics, ce Comité avait « pour mission d’apporter au Ministre des Travaux Publics un appui dans l’exercice de ses fonctions de Maître d’Ouvrage auprès de l’entreprise chargée des travaux de réhabilitation du pont sur le Wouri, en particulier dans la coordination et l’organisation de la circulation pendant la durée des travaux ».

(vii)-16 juin 2003 : Notification au Groupement UDECTO/ETIC INTERNATIONAL de l’Ordre de Service N° 451signé le 04 juin 2003 prescrivant le démarrage des travaux.

(viii)-Avril 2004 : Le démarrage effectif des travaux soit un peu plus de 10 mois de retard, en raison de l’action très médiatisée et musclée menée par les acteurs économiques notamment les producteurs de bananes et les corporations de transporteurs (taxis et mototaxis). En l’absence de toute possibilité de mettre en place des itinéraires alternatifs et/ou voies de contournement, assurer la circulation sur cet ouvrage pendant la durée des travaux de réhabilitation représentait un véritable défi pour le Ministre des Travaux Publics. Un « Plan de Circulation » se fondant sur une étude du Maître d’œuvre et après concertation avec les opérateurs économiques a été validé le 13 mars 2003. Ce « Plan de Circulation » a suscité de graves mouvements sociaux parce qu’il préconisait la réduction du trafic de 40 % afin de maintenir un niveau de trafic acceptable sur le pont pendant les travaux, toutes choses ayant pour corollaire une restriction de la circulation d’une partie des transports collectifs urbains. En fait les opérateurs économiques craignaient une perturbation trop forte pour leurs activités durant la période des travaux.

Il convient de faire savoir qu’en temps normal, le franchissement du pont sur le Wouri a toujours été pour les usagers quelque chose de très redoutée surtout pendant des heures dites de pointe en raison des embouteillages monstres. En effet, pour aller d’une rive à l’autre, cela prenaient parfois une heure de temps et les usagers devaient s’armer d’une grande patience. Un comptage réalisé par un Bureau d’Études avant le début des travaux a fait ressortir que 32 000 véhicules dont plus du tiers des taxis, 9 000 motos-taxis et 2 500 piétons empruntaient chaque jour le pont sur le Wouri. Traverser le pont sur le Wouri était donc perçu comme un véritable parcours du combattant suscitant de la part des usagers des stratégies d’évitement.

En dépit des menaces et pressions d’ordre politique – certains demandaient à ce que les travaux de réhabilitation démarrent après la construction d’un second pont sur le Wouri- le Maître d’Ouvrage a mis en place le Plan de Circulation et a pu faire démarrer les travaux. Le plus important est que ce Plan de circulation s’est révélé être un succès

(ix)- 06 janvier 2006 : Décision de l’entreprise UDECTO notifiée au Maître d’Ouvrage d’arrêter les travaux. Le Maître d’Ouvrage a réagi en constatant la faute et la défaillance d’UDECTO et, par conséquent, en lui notifiant.

Il importe de souligner que, à ma sortie du Gouvernement le 08 décembre 2004, l’exécution des travaux de réhabilitation du pont du Wouri par le Groupement UDECTO/ETIC International se poursuivait normalement : aucun problème majeur de nature à compromettre la bonne exécution des travaux n’avait été porté à ma connaissance ni par le Président du Comité Interministériel de Pilotage des Travaux de Réhabilitation du Pont sur le Wouri (Secrétaire d’État aux Travaux Publics), ni par le Maître d’œuvre et encore moins par l’AFD

(x)- 23 janvier 2006 : Décision du Ministre des Travaux Publics et Maître d’Ouvrage portant mise en régie générale des travaux restants à exécuter par UDECTO pour la tranche ferme au titre du Marché-Programme N°00036/M/MINTP/CPM-TN/2003 pour les travaux de réhabilitation du pont sur le Wouri, « et à ses frais et risques pour défaillance à remplir totalement ses obligations contractuelles liées audit marché » ;

(xi)-12 septembre 2006 : Décision du Ministre des travaux Publics et Maître d’Ouvrage portant résiliation du Marché-Programme N°00036/M/MINTP/CPM-TN/2003 pour les travaux de réhabilitation du pont sur le Wouri pour les tranches conditionnelles 1 et 2.

(xii)- 02 mai 2007 : Sur autorisation du Premier Ministre, Chef du Gouvernement et Autorité des Marchés Publics par lettre N° B68/d/CAB/PM du 19 mai 2006, passation d’un marché de gré à gré avec la société RAZEL CAMEROUN pour les travaux des tranches conditionnelles 1 et 2.

.(xiii)- 19 juin 2006 : Requête en arbitrage introduite par UDECTO auprès de la Cour Arbitrale de la CCI de Paris, saisine fondée sur l’article 58 du Cahier des Clauses administratives Particulières (CCAP) du Marché-Programme N°00036/M/MINTP/CPM-TN/2003 pour les travaux de réhabilitation du pont sur le Wouri aux termes duquel : « Tout litige survenant entre le Maître d’Ouvrage et l’entrepreneur dans le cadre de l’exécution du présent marché fera l’objet d’une tentative d’arrangement à l’amiable ; En cas d’échec de cet arrangement, le différend sera tranché par la Chambre Internationale de Commerce de Paris » (clause compromissoire).

(xiv)- Octobre 2006 : Appel par le Ministre des Travaux Publics et Maître d’Ouvrage des cautions bancaires consenties à UDECTO par la banque camerounaise Commercial Bank Cameroon (CBC) à hauteur de 2,8 milliards FCFA au titre de l’exécution du marché des travaux de réhabilitation du pont sur le Wouri, à savoir : cautions d’ avances de démarrage, cautions d’avance sur matériaux, le cautionnement définitif et la retenue de garantie.

(xv)- 13 juillet 2010 : Sentence de la Cour Arbitrale de la CCI de Paris dans l’affaire N° 14422/EC/ND opposant UDECTO à la République du Cameroun, sentence condamnant UDECTO à réparer le préjudice subi par l’État du Cameroun et à rembourser la quote-part des frais d’arbitrage à hauteur d’environ 3,2 milliards de FCFA sur des réclamations d’un montant global de 14 milliards de FCFA.



Commentaires (0)

> L'ARTICLE EN IMAGE
> L'AUTEUR
> Audience
  • 700 visites
> Faire suivre l'info
{2}

ARTICLES SIMILAIRES


 
Administration